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    <title><![CDATA[Commentaires de l'article: Tous les documents de François Fédier]]></title>
    <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#anchorComment</link>
    <description>Les 25 derniers commentaires publiés sur l'article &quot;Tous les documents de François Fédier&quot; du blog &quot;Paris4- Philo&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Sat, 17 Jul 2010 09:44:17 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Sat, 17 Jul 2010 09:44:17 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010 www.paris4philo.org</copyright>            <category>La philosophie en vie</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de bel]]></title>
        <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20981445</link>        <description><![CDATA[<div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Monsieur, &#160;dit&#160; &#160;&#171;&#160;Ritoyenne&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Je pensais que la fr&#233;quentation d&#8217;Heidegger vous aurait conduit &#224; avoir une attitude plus courtoise, mais Heidegger doit avoir les amis qu&#8217;il m&#233;rite. Je vois que la courtoisie n&#8217;est pas votre fort. Il faut donc faire avec ce qu&#8217;on a. Ceci dit, ce n&#8217;est pas moi qui compte mais la v&#233;rit&#233;. Nous savons que nous sommes en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233; lorsqu&#8217;il y a concordance entre ce que nous disons et ce que nous pouvons constater en utilisant diff&#233;rentes sources (exp&#233;rience propre, exp&#233;rimentation, coh&#233;rence logique, implications crois&#233;es, t&#233;moignages dignes de foi, etc.). Je n&#8217;ai aucun int&#233;r&#234;t personnel &#224; d&#233;fendre telle th&#232;se ou telle autre. J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; anim&#233; par un seul d&#233;sir&#160;: la qu&#234;te du vrai car je ne vois aucune justification &#224; l&#8217;acquisition de la connaissance de l&#8217;&#234;tre par d&#8217;autres voies telles que l&#8217;illusion, le mensonge ou la tromperie. Je me m&#233;fie de l&#8217;erreur, c&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai fr&#233;quemment recours &#224; des recoupements qui me remettraient sur les rails au cas o&#249; je m&#8217;&#233;garerais. Et nul n&#8217;est &#224; l&#8217;abri d&#8217;une errance surtout lorsque pour d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; structurellement invisible on est contraint d&#8217;avoir recours &#224; l&#8217;induction&#160;Toute induction est une th&#232;se qui conduit sur une piste &#224; explorer. Elle peut se r&#233;v&#233;ler fructueuse ou non. Si elle ne l&#8217;est pas, il faut en changer jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;on ait trouv&#233; la bonne piste.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Contrairement &#224; Fran&#231;ois F&#233;dier j&#8217;ai commenc&#233; &#224; lire Heidegger sans avoir la moindre pr&#233;vention de quelque nature qu&#8217;elle soit. J&#8217;ai commenc&#233; &#224; le lire comme on lit tout philosophe en m&#8217;effor&#231;ant de comprendre son dit. Or, tr&#232;s vite je me suis rendu compte que le &#171;&#160;dit&#160;&#187; d&#8217;Heidegger n&#8217;&#233;tait qu&#8217;une amorce de dit. Le dit v&#233;ritable n&#8217;&#233;tait pas dit. Le dit &#233;tait en suspens, sans cesse remis &#224; une expression ult&#233;rieure, continuellement report&#233;&#160;aux calendes grecques. D&#8217;abord j&#8217;ai voulu croire &#224; un faisceau de difficult&#233;s d&#251; &#224; la nature de l&#8217;objet trait&#233;&#160;: &#171;&#160;l&#8217;&#234;tre&#160;&#187;, le &#171;&#160;Dasein&#160;&#187; puis, chemin faisant, je suis tomb&#233; sur des formulations qui m&#8217;ont montr&#233; que si l&#8217;objet mental vis&#233; n&#8217;&#233;tait pas dit, ce n&#8217;&#233;tait pas &#224; cause de sa difficult&#233; d&#8217;appr&#233;hension mais parce que Martin Heidegger en avait d&#233;cid&#233; ainsi.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Je donnerai deux exemples, l&#8217;un tir&#233; de son cours sur Schelling, l&#8217;autre de son cours sur l&#8217;Eternel retour de Nietzsche. Que dit-il &#224; la fin des ses le&#231;ons sur <u>Schelling</u>&#160;?&#160;:&#160;&#171;&#160;<strong><em>Ce qui constitue la caract&#233;ristique de l&#8217;h&#233;ro&#239;sme, c&#8217;est la connaissance la plus lucide de l&#8217;unicit&#233; du Dasein qui est assum&#233;, la r&#233;solution de conduire ce Dasein &#224; son point culminant, enfin et <u>surtout</u> <u>la facult&#233; de se taire&#160;: ne jamais dire ce que la volont&#233; sait et ce qu&#8217;elle veut v&#233;ritablement</u></em></strong>&#160;&#187; (NRF p.270-271). Pourquoi un philosophe devrait-il se taire&#160;? Pourquoi ne devrait-il pas dire ce qu&#8217;il sait&#160; et ce qu&#8217;il veut&#160;? Cette formulation m&#8217;est apparue d&#8217;autant plus inqui&#233;tante qu&#8217;elle &#233;tait assortie de propos inhabituels sur le Bien et le Mal, sur l&#8217;homme et sur Dieu tels que&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le bien est le mal&#160;</u></em></strong>&#187; (p.271 et 304), &#160;&#160;&#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;homme est dieu</u></em></strong>&#160;&#187; (p.291). Je relus plusieurs fois les passages concern&#233;s, je repris la structure de l&#8217;ouvrage pour bien me rem&#233;morer la progression des id&#233;es et je dus me rendre &#224; l&#8217;&#233;vidence&#160;: Heidegger n&#8217;&#233;tait de toute &#233;vidence pas un philosophe. Sa position flirtait avec celle de l&#8217;Anti-Christ de Nietzsche dont il avait d&#233;j&#224; parl&#233; dans le cours de 1929 sur les <em>Concepts fondamentaux de la m&#233;taphysique</em>, privil&#233;giant dans toute l&#8217;&#339;uvre de Nietzsche&#160;le statut de &#171;&#160;<strong><em><u>Dionysos contre le crucifi&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.117). En lisant les cours sur Nietzsche qu&#8217;il tint de 1936 &#224; 1944, cours ponctu&#233;s par la conf&#233;rence de 1953 intitul&#233;e &#171;&#160;Qui est le Zarathoustra de Nietzsche&#160;? conf&#233;rence dans laquelle &#160;le slogan de 1929 est repris et pleinement assum&#233;, je ne fus pas long &#224; comprendre. Heidegger avait &#233;pous&#233; la cause de Nietzsche, ce qu&#8217;il confirme dans l&#8217;&#233;dition de ses cours sur Nietzsche en 1961 (Pr&#233;face, NRF p.9-10). Cette cause &#233;tait claire, c&#8217;&#233;tait celle de Dionysos combattant le crucifi&#233;, c&#8217;est-&#224;-dire, comme je l&#8217;avais pressenti, &#160;celle de l&#8217;Anti-Christ nietzsch&#233;en.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;De 1915, premier moment o&#249; il manifesta son int&#233;r&#234;t pour le point de vue de Nietzsche en privil&#233;giant l&#8217;attitude de &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;instinct qui fait de la philosophie</em></strong>&#160;&#187; &#160;&#160;(essai sur Duns Scot, NRF, p. 27) jusqu&#8217;&#224; la publication des cours sur Nietzsche, il avait attendu 46 ans pour nous&#160;dire le fond de sa pens&#233;e. Quelle pouvait &#234;tre la raison de ce taire si longtemps prolong&#233;, un taire plus long encore si on se fie &#224; la date de 1911 qu&#8217;il indique dans sa lettre &#224; Jaspers du 5 juillet 1949 et dans sa conf&#233;rence sur &#171;&#160;Qui est le&#160;Zarathoustra de Nietzsche&#160;?&#160;&#187; Un taire d&#8217;un demi si&#232;cle. (1911-1961). Rien ne justifie philosophiquement un tel silence relatif au dire d&#8217;une prise de position, si longtemps diff&#233;r&#233;. Quelle &#233;tait la signification v&#233;ritable de ce &#171;&#160;taire&#160;&#187;&#160;? Heidegger avait-il quelque chose &#224; cacher pour s&#8217;obliger &#224; se taire aussi longtemps&#160;? Toutes les suppositions &#233;taient d&#232;s lors permises.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le cours sur <em>l&#8217;Eternel retour du m&#234;me</em> se terminait comme celui sur Schelling, l&#8217;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, par une insistance sur le taire&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Le dire conceptuel le plus &#233;lev&#233; consiste &#224; ne pas simplement taire dans le dire ce qui est proprement &#224; dire, mais &#224; le dire de telle sorte qu&#8217;il soit nomm&#233; dans le non-dire&#160;: le dire de la pens&#233;e est un taire explicite&#160;</u></em></strong>&#187;. (Nietzsche I, NRF p.365). Etrange comportement de la part d&#8217;un philosophe. Mais la chose ne s&#8217;arr&#234;tait pas l&#224;. Dans le cours sur <em>La ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel</em> en 1930, il disait d&#233;j&#224;&#160;&#224; ses &#233;tudiants: &#171;&#160;<strong><em><u>Il ne peut y avoir qu&#8217;un seul v&#233;ritable signe que vous ayez compris quelque chose &#224; cet essentiel inexprim&#233; qui a &#233;t&#233; ici constamment trait&#233;&#160;: c&#8217;est qu&#8217;en vous se soit &#233;veill&#233;e une volont&#233; de satisfaire &#224; l&#8217;&#339;uvre en ses requ&#234;tes les plus internes- chacun pour sa part, chacun selon ses forces et ses mesures</u></em></strong>&#160;&#187;. (NRF, p.228). De quelle &#339;uvre&#160;s&#8217;agissait-il?</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Le sens de cette &#339;uvre sera exprim&#233; en 1935 &#224; la fin du cours sur <em>l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique,</em> mais de mani&#232;re encore bien &#233;nigmatique&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>&#202;tre et temps</u></em></strong>, dira-t-il <strong><em><u>d&#233;signe, non pas un livre, mais ce qui est propos&#233; comme t&#226;che. Il faut entendre par l&#224;&#160;: Cela que nous ne savons pas ou que, si nous le savons authentiquement, c&#8217;est &#224; dire comme t&#226;che propos&#233;e, nous ne savons jamais que sur le mode du questionner&#160;</u></em></strong>&#187;. (NRF, p. 209). Comment entendre ces propos&#160;? D&#8217;autres auraient dit ce &#171;&#160;jargon&#160;&#187;&#160;. Fort heureusement le sens de la t&#226;che nous &#233;tait, cette fois, donn&#233; dans le contenu du cours (P. 202)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement</u></em></strong>&#160;&#187;. Il y a de quoi &#234;tre interloqu&#233;. Qu&#8217;un philosophe puisse se permettre de prononcer de telles paroles &#160;prouve qu&#8217;il a abandonn&#233; le terrain de la philosophie pour celui du nazisme&#160;; qu&#8217;il ne critique pas ce mouvement mais se contente d&#8217;en condamner certaines d&#233;rives &#8211; non pas les camps de concentration et d&#8217;extermination mais seulement une d&#233;rive litt&#233;raire &#171;&#160;Ce qui est mis sur le march&#233; aujourd&#8217;hui comme philosophie du national socialisme n&#8217;a rien &#224; voir avec la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement&#160;&#187;. Quelle est donc la grandeur de ce mouvement&#160;? Quelle peut bien &#234;tre sa v&#233;rit&#233; interne&#160;? Seul Heidegger peut &#234;tre en mesure de l&#8217;indiquer puisqu&#8217;il semble qu&#8217;il soit r&#233;ellement seul &#224; en conna&#238;tre la &#171;&#160;grandeur&#160;&#187;. Et de pr&#233;ciser&#160;aussit&#244;t:&#160; &#171;&#160;c&#8217;est &#224; dire la rencontre, la correspondance, entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. Formulation aussi ambigu&#235; que les pr&#233;c&#233;dentes. Qu&#8217;est-ce que &#171;&#160;la correspondance entre la technique d&#233;termin&#233; plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;&#160;? Il se garde bien de nous le dire. Mais nous en savons tout de&#160;m&#234;me quelque chose au travers des cours sur les <strong><u>Hymnes de H&#246;lderlin&#160;: la Germanie et le Rhin</u></strong>, <strong><u>le cours sur l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique et l&#8217;&#233;crit sur la M&#233;taphysique de Nietzsche</u></strong>. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Nous savons, depuis 1934, que &#171;&#160;<strong><em><u>la patrie c&#8217;est l&#8217;&#234;tre lui-m&#234;me</u></em></strong>&#160;&#187; La Germanie, NRF p118. qu&#8217; &#171;&#160;<strong><u>un peuple peut &#234;tre expuls&#233; de l&#8217;habitat po&#233;tique</u></strong>&#160;&#187; (La Germanie ,p&#160;.46) , nous savons depuis 1935 que &#171;&#160;<strong><em><u>le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre d&#233;rive de la vocation qui est celle de notre &#234;tre-l&#224; historial, du fait du grand commencement chez les grecs. Que &#171;&#160;le cract&#232;re d&#233;termin&#233; de l&#8217;&#234;tre est la puissance qui, aujourd&#8217;hui soutient et r&#233;git tous nos rapports avec l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;, avec le devenir, avec l&#8217;apparence, avec le penser, avec le devoir&#160;</u></em></strong>&#187;. (Introduction &#224; la m&#233;taphysique p.205). A qui Heidegger s&#8217;adressait-t-il&#160;alors? A tous les hommes&#160;? Non, aux seuls Allemands&#160;; il n&#8217;a ces&#233; de le r&#233;p&#233;ter de la page 48 &#224; la page 61 dans la partie du cours intitul&#233;e&#160;:&#160;&#171;&#160; la question fondamentale de la m&#233;taphysique&#160;&#187; &#171;&#160;<strong><em>l&#8217;esprit est le plein pouvoir donn&#233; aux puissances de l&#8217;&#233;tant en totalit&#233;. C&#8217;est pourquoi le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est une des questions fondamentales essentielles pour un r&#233;veil de l&#8217;esprit, et par l&#224; pour le monde originaire d&#8217;un &#234;tre-l&#224; historial, et par l&#224; pour ma&#238;triser le danger d&#8217;obscurcissement du monde, et par l&#224; <u>pour une</u> <u>prise en charge de la mission historiale de notre peuple en tant qu&#8217;il est le milieu de l&#8217;Occident</u>. Le questionner de la question de l&#8217;&#234;tre est en soi int&#233;gralement historial</em></strong>(&#8230;)&#160;&#187;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">En quoi cette mission consiste-t-elle&#160;? Nous l&#8217;apprendrons l&#8217;ann&#233;e suivante. En 1936, apr&#232;s la promulgation des lois de Nuremberg Heidegger &#233;crit dans ses conf&#233;rences sur <em>l&#8217;Origine de l&#8217;&#339;uvre d&#8217;art</em>&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>L&#8217;&#339;uvre lib&#232;re la terre pour qu&#8217;elle soit une terre&#160;</u></em></strong>&#187; (Chemins, NRF, p.35). En 1937 il appelle les Fran&#231;ais dans ses <strong><em><u>Chemins d&#8217;explication</u></em></strong> &#224; collaborer avec les Allemands pour r&#233;aliser le <strong><u>&#171;&#160;salut de l&#8217;Occident</u></strong>&#160;&#187; en luttant &#171;&#160;<strong><em><u>contre le d&#233;racinement qui le menace</u></em></strong>&#160;&#187; (Heidegger, L&#8217;Herne p. 71 &#224; 77). Il faut pr&#233;ciser que cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le premier annuaire nazi de la ville de Fribourg. En 1940 dans son &#233;crit sur la <strong><em>M&#233;taphysique</em></strong><strong><em> de Nietzsche</em></strong> il n&#8217;h&#233;site pas &#224; dire que&#160;:&#160;<strong><em><u>&#171;&#160;la lib&#233;ration pour la nouvelle libert&#233; commen&#231;ait par la lib&#233;ration &#224; l&#8217;&#233;gard de la certitude chr&#233;tienne, que cette lib&#233;ration restait dans un rapport au christianisme d&#233;termin&#233; par son rejet&#160;</u></em></strong>&#187;, que &#171;&#160;<strong><em><u>le simple d&#233;tournement &#224; l&#8217;&#233;gard du christianisme ne signifiait rien si &#224; cette fin n&#8217;avait pas pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;e une nouvelle essence de la v&#233;rit&#233;</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;(Nietzsche II, p.256) que &#171;&#160;<strong><em><u>la justification de la nouvelle libert&#233; exigeait en tant que son fondement de d&#233;termination une nouvelle justice. Que celle-ci &#233;tait le chemin d&#233;cisif de lib&#233;ration menant au sein d&#8217;une nouvelle libert&#233; &#171;&#160;(p.257), que cette justice en tant que mani&#232;re de penser constructive, &#233;liminatrice, an&#233;antissante&#160;&#187; s&#8217;effectuait &#171;&#160;&#224; partir des appr&#233;ciations de valeur&#160;&#187; et &#233;tait &#171;&#160;le supr&#234;me repr&#233;sentant de la vie m&#234;me&#160;&#187; (p.257) que &#171;&#160;le fait d&#8217;an&#233;antir assurait le penser contre la pression de toutes les conditions de d&#233;clin. Construire ne va pas sans &#233;liminer&#160;&#187; (p.256) &#171;&#160;L&#8217;&#233;limination qui distingue et pr&#233;serve est la supr&#234;me mani&#232;re de conserver. L&#8217;an&#233;antissement est la supr&#234;me mani&#232;re de la contre-essence pour la conservation et l&#8217;intensification</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;;(p.259) et enfin l&#8217;apoth&#233;ose&#160;: <strong><em><u>&#171;&#160;La justice regarde au dehors vers cette humanit&#233; qui doit &#234;tre fa&#231;onn&#233;e, dress&#233;e et marqu&#233;e de l&#8217;empreinte de cette race qui poss&#232;de l&#8217;aptitude essentielle d&#8217;instituer sa souverainet&#233; absolue sur la Terre&#160;: car ce n&#8217;est que par cette souverainet&#233; que l&#8217;essence absolue de la pure volont&#233; parvient &#224; appara&#238;tre &#224; elle-m&#234;me, c&#8217;est-&#224;-dire &#224; la puissance. La justice est l&#8217;attribution, pr&#233;alablement constructive, des conditions qui mettent en s&#233;curit&#233; le fait de conserver, soit de pr&#233;server et d&#8217;acqu&#233;rir</u></em></strong>&#160;&#187;. Voil&#224; ce qu&#8217;Heidegger appelle &#171;&#160;<strong><em><u>Imprimer au devenir le caract&#232;re de l&#8217;&#202;tre</u></em></strong>&#160;&#187;. (p.261) Voil&#224; sans doute ce qu&#8217;il entend par &#171;&#160;la concordance entre la technique d&#233;termin&#233;e plan&#233;tairement et l&#8217;homme moderne&#160;&#187;. N&#8217;oublions pas qu&#8217;Hitler &#233;crivait dans Mein Kampf, en 1925&#160;: &#171;&#160;que dans quelques dizaines d&#8217;ann&#233;es tout l&#8217;est de l&#8217;Asie pourra nommer sienne une civilisation dont la base fondamentale sera aussi bien l&#8217;esprit grec et la technique allemande qu&#8217;elle l&#8217;est chez nous&#160;&#187;. (Mon combat, NEL, p.289) cet esprit grec et cette technique allemande &#233;taient nomm&#233;s par lui &#171;&#160;le fruit de l&#8217;activit&#233; cr&#233;atrice des Aryens&#160;&#187;&#160;&#187; (Ibidem) Heidegger fait varier quelque peu les termes mais il s&#8217;agit fondamentalement de la m&#234;me chose. L&#8217;apport s&#233;mitique est gomm&#233;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Apr&#232;s avoir pr&#233;par&#233; psychologiquement les Allemands &#224; l&#8217;exercice de la violence, en 1935, dans l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique, en 1941 dans les Concepts fondamentaux il annonce des &#171;&#160;d&#233;cisions imminentes&#160;&#187; destin&#233;es &#224; faire de &#171;&#160; la Germanie&#160;&#187; &#160;&#171;&#160;un c&#339;ur sacr&#233; des peuples&#160;&#187; . En 1942 ces d&#233;cisions imminentes vont se concr&#233;tiser avec le commandement&#160;qui ouvrira le feu du g&#233;nocide: &#171;&#160;<strong><em><u>Jezt, komme Feuer</u></em></strong>&#160;!&#160;&#187; (Viens maintenant feu&#160;!&#160;&#187; ordre donn&#233; d&#232;s le d&#233;but du cours sur <strong><em><u>Der Ister</u></em></strong>. Les Allemands doivent s&#8217;acquitter des paroles de leur proph&#232;te H&#246;lderlin. A la fin de l&#8217;&#233;t&#233; 1942 le premier b&#251;cher a cr&#233;pit&#233; a Auschwitz, suivi pour permettre l&#8217;accroissement du rendement par la construction des chambres &#224; gaz et des fours cr&#233;matoires dont les contrats avaient &#233;t&#233; pass&#233;s au pr&#233;alable. </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s 1930 Heidegger avait demand&#233; aux &#233;tudiants dans son cours sur la Ph&#233;nom&#233;nologie de l&#8217;Esprit de Hegel, de&#160;&#171;&#160; dresser constamment le b&#251;cher avec du bois appropri&#233; et choisi jusqu&#8217;a ce qu&#8217;il prenne feu enfin&#160;&#187; (NRF, p124). . C&#8217;&#233;tait ce qu&#8217;il appelait l&#8217;exercice de la patience. Dans ce m&#234;me cours&#160;il avait dit&#160;: &#171;&#160;nous nous trouvons face &#224; une position de la philosophie qui se prouve &#224; travers cette &#339;uvre (celle de Hegel) en s&#8217;exposant en son effectivit&#233;.&#160;&#187; (NRF p.227). S&#8217;exposer en son effectivit&#233; cela voulait dire depuis &#202;tre et temps , aller au combat , et depuis l&#8217;Introduction &#224; la m&#233;taphysique&#160;: &#171;&#160;ne pas reculer devant l&#8217;usage de la violence&#160;&#187; afin de pouvoir acqu&#233;rir &#171;&#160;la grandeur&#160;&#187; (NRF, p.170 et 181). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; D&#232;s la fin des ann&#233;es trente et le d&#233;but des ann&#233;es quarante Heidegger a &#160;demand&#233; &#224; ses auditeurs de pratiquer la &#171;&#160;corv&#233;e de b&#251;ches&#160;&#187;. Il fallait &#234;tre born&#233; &#224; cette &#233;poque pour ne pas comprendre ce que cela annon&#231;ait. En 1953 apr&#232;s la d&#233;faite du nazisme Heidegger rendra un hommage appuy&#233; au feu qui illumine et qui n&#8217;en finit pas de consumer jusqu&#8217;au blanchissement de la cendre. (Trakl, Acheminement vers la parole,&#160;p.62). En 1953 il publiera conjointement Etre et temps&#160;et l&#8217;introduction &#224; la m&#233;taphysique en guise de compl&#233;ment explicatif &#224; &#202;tre et temps avec l&#8217;espoir de voir les Allemands s&#8217;engager dans un nouveau combat pour l&#8217;&#234;tre. En 1966 il esp&#232;re encore qu&#8217;un nouveau dieu de la guerre prendra la rel&#232;ve &#160;Oh&#160;! bien s&#251;r il dit seulement un dieu pourrait nous sauver, il omet de dire de la guerre, mais le discours sur la culture de 1936 l&#8217;avait dit ouvertement et les Allemands de cette g&#233;n&#233;ration n&#8217;&#233;taient pas pr&#234;ts d&#8217;oublier en 1976 ce qu&#8217;ils avaient entendu en 1936&#160;sur l&#8217;art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et sur le nouveau dieu de la guerre. Contatant l&#8217;&#233;chec de l&#8217;incitation &#224; la reprise, en 1975, il lancera l&#8217;&#233;dition des ses &#339;uvres pour que la pens&#233;e de l&#8217;&#234;tre donne naissance &#224; une nouveau combat&#160;pour l&#8217;&#234;tre, c&#8217;est &#224; dire pour le triomphe de la volont&#233; de puissance germanique.. Il lan&#231;a alors son filet id&#233;ologique sur la plan&#232;te enti&#232;re pour que son combat ne reste pas seulement germanique, pas seulement europ&#233;en, mais devienne plan&#233;taire. Car disait-il &#171;&#160;<strong><em><u>la m&#233;taphysique de Nietzche n&#8217;est pas dans sa substance une philosophie sp&#233;cifiquement allemande, elle est europ&#233;enne et plan&#233;taire</u></em></strong>&#160;&#187;.&#160;(La m&#233;taphysique de Nietzsche, NRF p.266). &lt;et son &#339;uvre &#233;tait l&#8217;actualisation m&#234;me, l&#8217;historialisation de la m&#233;taphysique de Nietzsche telle qu&#8217;il l&#8217;avait interpr&#233;t&#233;e. La mission au d&#233;part &#233;tait d&#8217;abord d&#233;volue aux Allemands conform&#233;ment aux souhaits de Nietzsche dans la <strong><u>Naissance</u></strong><strong><u> de la trag&#233;die</u></strong>&#160;: &#171;&#160;Nous avons suffisamment confiance dans le g&#233;nie allemand, disait-il, pour oser esp&#233;rer qu&#8217;il sera assez pur et fort pour &#233;liminer violemment les &#233;l&#233;ments &#233;trangers dont il a &#233;t&#233; ent&#233; et qu&#8217;il saura se ressouvenir de sa propre nature&#160;&#187;. &#160;(Naissance de la trag&#233;die &#167; 23). Heidegger qui d&#233;signe son itin&#233;raire &#160;en disant &#224; Eug&#232;ne Fink en 1966 qu&#8217;il va du logos au feu&#160;&#187; (s&#233;minaire conjoint sur H&#233;raclite) a r&#233;alis&#233; &#224; la perfection les v&#339;ux de Nietzsche. Il n&#8217;a&#160;, malheureusement&#160;&#224; ses yeux, pas pu terminer sa t&#226;che&#160;: an&#233;antir tous les &#233;l&#233;ments &#233;trangers et faire de la Germanie le c&#339;ur sacr&#233; des peuples, C&#8217;est la raison pour laquelle il s&#8217;effor&#231;a de r&#233;aliser la reprise mais la mayonnaise &#160;ne prit pas&#160;. Il dut rendre son tablier sans avoir achev&#233; son travail. L&#8217;atelier de la &#171;&#160;H&#252;tte&#160;&#187; (la &#171;&#160;loge&#160;&#187; en langage &#233;sot&#233;rique allemand) dut mettre la cl&#233; sous la porte avant que &#171;&#160;la race des Allemands&#160;&#187; (la Germnie, p. 189-190) e&#251;t pu r&#233;aliser &#171;&#160;sa domination absolue sur la Terre&#160;&#187;&#160; et qu&#8217; &#171;&#160;autour du Dieu tout e&#251;t pu se faire monde&#160;&#187;. Quand on voit ce que contenait le d&#233;sir passionnel de Heidegger&#160;- un grand amour pour la Germanie, une grande haine pour la Jud&#233;e) on comprend mieux qu&#8217;il ait eu &#224; c&#339;ur de se taire afin de mener son projet criminel &#224; son terme.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; &#160;Telle est l&#8217;&#339;uvre pr&#233;tendument lib&#233;ratrice que la parano&#239;a de Heidegger voulut mener &#224; son terme.. Voil&#224; pourquoi ses disciples ne veulent pas entendre aujourd&#8217;hui encore, la v&#233;rit&#233; sur ce qui s&#8217;est produit. L&#8217;ombre de cette pens&#233;e obscurcit le ciel entier de la pr&#233;tendue philosophie de Heidegger. <strong><em><u>Elle &#160;&#171;&#160;&#233;limine toutes les repr&#233;sentations de la justice qui proviennent de la morale chr&#233;tienne , humaniste, &#233;clair&#233;e, bourgeoise et socialiste</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II, p.259-260). Dans ces conditions, que &#171;&#160;<strong><em><u>la notion nietzsch&#233;enne de la race n&#8217;ait pas une signification biologique mais&#160;m&#233;taphysique</u></em></strong>&#160;&#187; (Nietzsche II p.247), ne change rien &#224; l&#8217;affaire.&#160;La lib&#233;ration de la Terre des &#171;&#160;&#233;l&#233;ments &#233;trangers&#160;&#187; dont la Germanie avait &#233;t&#233; ent&#233;e avait bel et bien &#233;t&#233; programm&#233;e. Elle eut lieu, et fut conduite par le penseur souabe qui se d&#233;signa lui-m&#234;me successivement comme la sentinelle du n&#233;ant en 1929) puis comme &#160;&#171;&#160; le berger de l&#8217;&#234;tre&#160;&#187; en 1946&#160;: j&#8217;ai nomm&#233; Martin HEIDEGGER. Pour r&#233;aliser son dessein, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie de Machiavel, auteur politique de pr&#233;dilection pour les Allemands depuis Fr&#233;d&#233;ric II et le projet de Constitution pour l&#8217;Allemagne de Hegel, il prit un premier ministre en 1933, (celui qui avait conduit son parti , le parti qui devait mener la philosophie nouvelle &#224; la victoire en pratiquant &#171;&#160;l&#8217;extermination des derniers tenants des id&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&#160;&#187; (Mon combat, La guerre mondiale chapitre V, NEL, p.171-173.) il le nomma F&#252;hrer (guide) et demanda au peuple allemand de le suivre&#160;: &#171;&#160;le F&#252;hrer et lui seul&#160;; lui dit-il, est la v&#233;rit&#233; pr&#233;sente et future des Allemands et sa loi&#160;&#187;. Si &#224; partir de 1934 &#171;&#160;il entra en opposition&#160;&#187; comme il le dit dans sa lettre &#224; Jaspers ce ne fut nullement une opposition &#224; Hitler, son premier ministre (son chancelier en allemand), ni une opposition au national socialisme , le mouvement cr&#233;ateur de son royaume (de son monde), ce fut que contre ceux qui avaient d&#233;nonc&#233; sa parano&#239;a (Krieck et Jaensch) et contre les ambitieux parasites , d&#233;sireux &#224; ses yeux de lui ravir le pouvoir et qui ne voyaient dans &#171;&#160;l&#8217;&#233;levage&#160;&#187; racial qu&#8217;une doctrine d&#8217;&#233;leveurs de bovins alors que le but du combat pour l&#8217;&#234;tre &#233;tait en r&#233;alit&#233; l&#8217;&#233;radication du peuple juif afin de rendre impossible toute r&#233;surgence de l&#8217;enseignement d&#8217;amour chr&#233;tien consid&#233;r&#233; comme la pointe la plus extr&#234;me de la rancune juive (Nietzsche). Heidegger voulait cr&#233;er une nouvelle religion&#160;, avec son proph&#232;te (H&#246;lderlin, son philosophe-dieu &#160;interpr&#232;te du po&#232;te-proph&#232;te (Heidegger) et son d&#233;miurge r&#233;alisant l&#8217;&#339;uvre publique historiale(Hitler), conducteur des arm&#233;es et coducteur du g&#233;nocide (&#171;&#160;la colonie&#160;&#187; et le &#171;&#160;propre&#160;&#187;) selon ses directives ( Souvenir, Approche de H&#246;lderlin , p. 149). Heidegger &#233;crivait en 1943 , apr&#232;s avoir fait remarquer que la charge de b&#251;ches s&#8217;&#233;tait maintenant accrue&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>Un des commandements essentiels de la loi o&#249; se fonde toute histoire a bien &#233;t&#233; accompli&#160;: le voyage &#224; la colonie</u></em></strong><u>.&#160;</u>&#187; (Heidegger croit &#224; ce moment-l&#224; l&#8217;union sovi&#233;tique vaincue)&#160;<strong><em>; &#171;<u>&#160;mais, c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il faut encore d&#233;sormais que l&#8217;autre commandement, le libre usage du propre aux prises avec l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;&#233;tranger, trouve son accomplissement</u></em></strong>&#160;&#187;&#160;On sait aujourd&#8217;hui ce qui se cachait derri&#232;re cet euph&#233;misme&#160;doucereux et apparemment anodin comme sous celui de la corv&#233;e de b&#251;ches. Au d&#233;but du m&#234;me texte Heidegger se gargarisait de ces paroles de H&#246;lderlin qui avaient acquis un si&#232;cle plus tard un sens tragique&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160; <strong><em><u>Le vent du Nord-est souffle,</u></em></strong></span></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Je l&#8217;aime entre tous</span></u></em></strong></div><div><strong><em><u><span style="font-size: 14pt">Car il annonce l&#8217;esprit de feu</span></u></em></strong><span style="font-size: 14pt">&#160;&#187; (p.107)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Et quelques pages plus loin (p.122)&#160;: &#171;&#160;<strong><em><u>le vent du Nord-est devient le messager qui porte le salut.&#160;</u></em></strong>&#187;. On sait en quoi consista ce &#171;&#160;pr&#233;tendu salut&#160;&#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; </span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Pour rendre compte de la folie parano&#239;aque d&#8217;Heidegger peut-on trouver meilleur t&#233;moignage que ces paroles d&#8217;Heidegger lui-m&#234;me, &#160;paroles&#160;&#233;crites dans ce m&#234;me &#160;commentaire de <strong><em>Souvenir</em></strong>&#160;:</span></div><div><span style="font-size: 14pt">&#171;&#160;<strong><em><u>Sans l&#8217;&#233;preuve du feu la clart&#233; de l&#8217;exposition ne serait pas non plus devenue ce don de la fra&#238;cheur douce et de la tendre lueur que le po&#232;te a d&#233;sormais en propre&#160;; il faut que l&#8217;esprit de la po&#233;sie qui doit fonder la demeure humaine comme demeure po&#233;tique, parvienne tout d&#8217;abord lui-m&#234;me, de son propre dit, &#224; &#234;tre chez lui dans la loi de son &#234;tre. Cette loi qui gouverne l&#8217;aventure po&#233;tique des po&#232;tes &#224; venir, est la loi fondamentale de l&#8217;histoire qu&#8217;ils ont &#224; fonder. L&#8217;historicit&#233; de l&#8217;histoire &#224; son essence dans le retour au propre, un retour qui ne peut se faire que sous la forme initiale d&#8217;un voyage &#224; l&#8217;&#233;tranger. C&#8217;est pourquoi les po&#232;tes doivent tout d&#8217;abord &#234;tre des navigateurs, dont la travers&#233;e favoris&#233;e par le vent du Nord-est, garde la bonne direction vers le pays du feu du ciel</u></em></strong>&#160;&#187;.(p.120-121). </span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Ce d&#233;lire parano&#239;aque a au moins ici trois fonctions&#160;: &#160;</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">1- il a pour but de d&#233;livrer mentalement le malade de son oppression et de son obsession de vengeance&#160;missionnaire,</span></div><div><span style="font-size: 14pt">2- il sert d&#8217;euph&#233;misme pour d&#233;signer la conqu&#234;te de l&#8217;espace vital et le g&#233;nocide (le retour au propre)</span></div><div><span style="font-size: 14pt">3- il est l&#8217;expression directe d&#8217;un ordre donn&#233; &#224; la fois aux militaires et aux S.S. pour qu&#8217;ils accomplissent &#171;&#160;po&#233;tiquement&#160;&#187; leur travail en vue de la r&#233;alisation du nouveau monde heidegg&#233;rien. Monde qui est cens&#233; se r&#233;aliser &#171;&#160;autour du nouveau dieu&#160; (Heidegger en personne) &#187;.</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Qu&#8217;Heidegger ait voulu cacher ses intentions &#224; la foule le plus longtemps possible quoi de plus compr&#233;hensible. Mais silence n&#8217;est pas absence. Et pour s&#8217;&#234;tre tu au maximum de ses possibilit&#233;s Heidegger n&#8217;en a pas moins agi. Sa philosophie, comme il le dit en 1937 dans son appel &#224; la collaboration du peuple fran&#231;ais, a &#171;&#160;r&#233;gi la tenue et l&#8217;avanc&#233;e de l&#8217;&#234;tre-l&#224; historial&#160;&#187;, ce qui signifie qu&#8217;il a r&#233;alis&#233; sa vision du monde dans l&#8217;histoire, qu&#8217;il a fait de la plan&#232;te un palimpseste pour construire son nouveau monde &#224; la place de l&#8217;ancien. Voil&#224; qui fut r&#233;ellement Martin Heidegger et encore n&#8217;ai-je montr&#233; qu&#8217;&#224; grands traits son itin&#233;raire. Une analyse plus fine ferait appara&#238;tre des horreurs en plus grand nombre encore. &#160;Si vous &#234;tes capables de louer Heidegger apr&#232;s avoir pris conscience de ces faits, qui donc &#234;tes-vous&#160;? Oser nommer un g&#233;nocide &#171;&#160;po&#233;sie&#160;&#187; et une conqu&#234;te territoriale &#233;minemment sanglante &#171;&#160;habitat po&#233;tique&#160;&#187; rel&#232;ve d&#8217;une perversion hautement diabolique. Dionysos-Heidegger, le dieu des enfers a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;putation. Pour cette raison, et elle est plus que suffisante, ce n&#8217;est pas et ce ne sera jamais mon ami. Si vous trouvez encore apr&#232;s avoir vu cela qu'Heidegger est contre le nazisme c'est s&#251;rement comme il l'a demand&#233; dans ses Chemins, que vous avez abandonn&#233; la raison pour vous laisser endormir par les fables d'une mythologie criminelle Le choisisse pour ami qui veut. Qui se ressemble s&#8217;assemble&#160;!</span></div><div>&#160;</div><div><span style="font-size: 14pt">Je vous souhaite de devenir plus lucides vis &#224; vis de ce personnage.</span></div><div><span style="font-size: 14pt">Michel bel</span></div><div><span style="font-size: 14pt">28.09.2007</span></div><div>&#160;</div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 29 Sep 2007 01:48:26 +0200</pubDate>        <guid >http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20981445</guid>
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      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Lionel Duvoy]]></title>
        <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20961075</link>        <description><![CDATA[Monsieur Bel, mon ami.<br />Il va sans dire que vous &#234;tes comme Diog&#232;ne, &#224; la recherche d'un homme. Et remarquez une chose, plus vous baissez votre lanterne pour ne pas les &#233;blouir, plus ils baissent la t&#234;te en accompagnant votre mouvement. Leur regard tombe alors par terre, et il faut sans cesse tout recommencer.&#160;<br />Cela me rappelle un antis&#233;mite avec lequel j'entrai un jour en conflit id&#233;ologique : toute argumentation se heurtait au mur glissant de sa bo&#238;te cranienne et de sa bouche sortait sans cesse la m&#234;me litanie. Impossible de convertir un convaincu, suffisamment "pr&#233;venu" des manigances de l'esprit pour tenter de faire accepter que les hommes sont fr&#232;res en esprit.&#160;<br />Vous avez bien &#233;videmment enti&#232;rement raison sur le statut religieux, "ontologis&#233;" et m&#233;taphysique de la notion de race chez les nazis. Mais ils ne peuvent vous entendre, ceux qui se targuent &#224; tout bout de champ de proclamer que nous n'entendons rien &#224; Heidegger.&#160;<br />A croire que nous sommes une grande bande de d&#233;biles mentaux en train de discuter avec de grands savants qui, pour nous prendre de haut, n'en sont pas moins parfois battus &#224; plate-couture sur le terrain de la v&#233;rit&#233; des faits et de la logique. Tenez bon Mr Bel. Je vous soutiens.]]></description>
        <pubDate>Fri, 28 Sep 2007 14:52:14 +0200</pubDate>        <guid >http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20961075</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Ritoyenne]]></title>
        <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20959461</link>        <description><![CDATA[Vous remarquez que JP est bien plus tol&#233;rant que moi.]]></description>
        <pubDate>Fri, 28 Sep 2007 13:20:22 +0200</pubDate>        <guid >http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20959461</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Ritoyenne]]></title>
        <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20959372</link>        <description><![CDATA["Cher" M. Bel, plusieurs choses &#224; vous dire, rapides, qui n'appellent pas de r&#233;ponse de votre part (de pr&#233;f&#233;rence) : <br /><br />1/ J'ai h&#233;sit&#233; &#224; supprimer votre commentaire, qui est un ramassis de choses d&#233;gueulasses et non justifi&#233;es, une suite de phrases choquantes, que rien ne permet de soutenir.<br />2/ Apr&#232;s h&#233;sitation, je d&#233;cide de ne pas le faire : je ne tiens pas &#224; me "skildiser".<br />3/ Arr&#234;tez tout de suite de poster votre vomis sur mon site, sinon je me verrai dans l'obligation de vous en d&#233;gager d&#233;finitivement. Si vous tenez &#224; y d&#233;velopper vos id&#233;es, alors justifiez-les, ne vous contentez pas d'enchainer les d&#233;bilit&#233;s sans chercher &#224; argumenter, comme vous le faites depuis plusieurs semaines.<br />4/ Allez donc cracher vos obsessions ailleurs, sur le site de skildy par exemple. Vous vous entendez bien, il me semble - et le pauvre a besoin de soutien..<br />5/ Faites un s&#233;rieux effort pour adapter votre discours, si vous comptez continuez &#224; poster ici. Apr&#232;s tout c'est mon site, et j'en ai ral l'fion de vous voir le salir.<br /><br />Je cite en vrac quelques phrases, que j'ai d&#233;cid&#233; de ne pas accepter sur le site (sans les censurer, vous remarquez que je suis tr&#232;s cl&#233;ment) : <br /><em><br />"On n'a pas suffisamment travaill&#233; le r&#244;le jou&#233; par l'Anti-Christ nietzch&#233;en dans la pens&#233;e d'Hitler et dans celle d'Heidegger son guide spirituel."<br /><br />"Hitler n'a fait que traduire en politique ce qu'Heidegger lui donnait en id&#233;ologie. (cf. Mein Kampf)."<br /><br />"Et lorsqu'on l'a fait le r&#244;le directeur de Heidegger dans le mouvement r&#233;volutionnaire nazi  appara&#238;t plus clairement. Le recours &#224; l'id&#233;e d'une mauvaise race d'ordre biologique permettait de supprimer plus facilement les barri&#232;res morales et de se livrer avec une meilleure conscience &#224; l'an&#233;antissement."<br /><br />"Mais l'an&#233;antissement &#233;tait voulu d&#232;s le d&#233;part par Heidegger."<br /><br />"Naturellement cette rectification du tir n'enl&#232;ve rien aux horreurs du nazisme mais elle permet de mieux comprendre le degr&#233; de culpabilit&#233; de Heidegger plus grand encore que celui d'Hitler car c'est lui le guide spirituel."</em><br /><br /><br />Ca ne me posera vraiment aucun probl&#232;me de censurer vos posts &#224; l'avenir, si vous ne faites pas d'effort. <br /><br />Je ne veux pas vous faire changer d'id&#233;e sur Heidegger, apr&#232;s tout j'en ai rien &#224; foutre. Mais je vous demande le minimum, auquel nous nous soumettons nous-m&#234;me, il me semble : justifiez vos propos, surtout quand ils sont aussi choquants. Si vous ne le faites pas, vous irez d&#233;gueuler votre haine ailleurs.<br /><br />Sign&#233; Riri, celui dont vous disiez qu'il avait "le langage d'un S.A.". (je suis bien trop bon de ne pas vous avoir d&#233;gag&#233; d&#232;s que vous m'avez insult&#233; de la sorte).]]></description>
        <pubDate>Fri, 28 Sep 2007 13:15:38 +0200</pubDate>        <guid >http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20959372</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de bel]]></title>
        <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20958670</link>        <description><![CDATA[<p>L'id&#233;e de "race juive" pour Hitler est religieuse et non biologique. C'est pour mieux faire dispara&#238;tre le jud&#233;o-christianisme consid&#233;r&#233; comme expression de la "rancune juive", du "ressentiment des faibles contre les forts", qu'Hitler fait appel au pr&#233;jug&#233; de la race biologique mais il le dit lui-m&#234;me &#224; Rauschning, il n'y croit pas. C'est un instrument de propagande pour arriver&#160;&#224; ses fins qui sont d'ordre antichr&#233;tien et pro hell&#233;niques. "Je vais vous faire une confidence, je suis grec", confiera-t-il &#224; L&#233;on Degrelle. Pour faire dispara&#238;tre la religion chr&#233;tienne Hitler ne pouvait pas s'y attaquer de front, alors il a utilis&#233; un levier: le pr&#233;jug&#233; populaire de la race renforc&#233; par les publications de certains id&#233;ologues &#224; pr&#233;tention scientifique. Nietzsche lui-m&#234;me avait vers&#233; dans ce travers. Nous faisons enti&#232;rement fausse route en croyant qu'HITLER CROYAIT A LA RACE BIOLOGIQUE; COMME HEIDEGGER IL VALORISAIT LE POUVOIR DE L'ESPRIT EN RELATION AVEC LE CORPS; MAIS IL AVAIT BESOIN DU PREJUGE POPULAIRE POUR RENVERSER LE CHRISTIANISME; On n'a pas suffisamment travaill&#233; le r&#244;le jou&#233; par l'Anti-Christ nietzch&#233;en dans la pens&#233;e d'Hitler et dans celle d'Heidegger son guide spirituel. Hitler n'a fait que traduire en politique ce qu'Heidegger lui donnait en id&#233;ologie. (cf. Mein Kampf). Mais je n'ai pas le temps de d&#233;velopper cela en quelques lignes. Faites bien la diff&#233;rence entre l'id&#233;e de "race" con&#231;ue comme instrument politique et l'id&#233;e de "race" con&#231;ue comme concept. Nous devons revoir enti&#232;rement tout cela. Et lorsqu'on l'a fait le r&#244;le directeur de Heidegger dans le mouvement r&#233;volutionnaire nazi&#160; appara&#238;t plus clairement.&#160;Le recours &#224; l'id&#233;e d'une mauvaise race d'ordre biologique permettait de supprimer plus facilement les barri&#232;res morales et de se livrer avec une meilleure conscience &#224; l'an&#233;antissement. Mais l'an&#233;antissement &#233;tait voulu d&#232;s le d&#233;part par Heidegger. Cf. sa M&#233;taphysique de Nietzsche et son texte de 1910 sur Abraham a Sancta Clara valorisant l'attitude du pr&#233;dicateur antis&#233;mite et celle de Lueger. L'an&#233;antissement permettait dans l'esprit d'Heidegger d'&#233;viter la renaissance du jud&#233;o christianisme. l'affaire est id&#233;ologique de part en part. En se polarisant sur l'id&#233;e de race biologique en perd compl&#232;tement de vue l'enjeu de cette guerre fratricide pr&#233;sent&#233;e comme une guerre des races&#160; qui est en r&#233;alit&#233; une guerre de religions. La religion "nietzsch&#233;enne" contre la religion jud&#233;o-chr&#233;tienne ,d&#233;guis&#233;e en guerre de la race aryenne contre la race juive. Ce que combattent Heidegger et Hitler c'est une souche d'id&#233;es non une souche de g&#232;nes.. Ne confondons pas l'instrument politique et la croyance profonde . iI est grand temps que nous clarifiions les eaux troubles. Naturellement cette rectification du tir n'enl&#232;ve rien aux horreurs du nazisme mais elle permet de mieux comprendre le degr&#233; de culpabilit&#233; de Heidegger plus grand encore que celui d'Hitler car c'est lui le guide spirituel. Hitler n'est que l'ex&#233;cutant de ses desseins. C'est le d&#233;miurge du Dieu concepteur qui a trac&#233; le plan du nouveau monde de justice sur l'effacement de l'ancien.<br />michel bel</p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 28 Sep 2007 12:38:59 +0200</pubDate>        <guid >http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20958670</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de jp]]></title>
        <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20952311</link>        <description><![CDATA[J'ai du mal &#224; voir en quoi l'id&#233;e de race pour Hitler n'est pas biologique.]]></description>
        <pubDate>Fri, 28 Sep 2007 01:46:16 +0200</pubDate>        <guid >http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20952311</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de bel]]></title>
        <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20951948</link>        <description><![CDATA[&#224;&#160;J P,<br />soyez plus attentif &#224; la diff&#233;rence existant entre le sens et le mot.&#160;<br />Le m&#234;me mot: "race" chez Hitler peut avoir trois sens diff&#233;rents dans le m&#234;me texte. C'est le cas ici.. Du fait de son sens flottant ,les propos rapport&#233;s par Rauschning ne peuvent pas &#234;tre lus comme vous le faites. L'id&#233;e de race chez Hitler est un instrument de dissolution ou de rassemblement, non un conept. Ne tombez pas dans le pi&#232;ge. Heidegger dans l'Introduction &#224; la m&#233;taphysique ne critique pas Hitler mais les &#233;leveurs que sont G&#252;nther, Krieck, Rosenberg, B&#228;umler, etc Cela appara&#238;tra nettement dans le discours sur la culture de 1936. Les Fran&#231;ais n'ont pas &#233;t&#233; suffisamment attentifs au flottement de sens du mot "race". Notion id&#233;ologique impr&#233;cise et passe partout.. Heidegger ne critique pas Hitler, il le guide. Ce qu'il critique ce sont les parasites du parti qui risquent de discr&#233;diter le mouvement aux yeux de l'opinion publique. Ne vous y trompez pas. Mais quelles que soient leurs divergences, tous &#233;taient partisans de la violence. Heidegger en t&#234;te. Cf. l'Introduction &#224; la m&#233;taphysique, tout le chapitre sur la limitation de l'&#234;tre.. Ne croyez pas que j'approuve F&#233;dier, au contraire. J'ai peur qu'il ne glisse sur une tr&#232;s mauvaise pente de mani&#232;re irr&#233;versible..Valoriser Heidegger m&#234;me si on n'a pas vu qu'il &#233;taot le fondateur id&#233;ologique du nazisme et son guide, c'est faire du r&#233;visionnisme sans le savoir.<br />Michel Bel]]></description>
        <pubDate>Fri, 28 Sep 2007 00:35:10 +0200</pubDate>        <guid >http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20951948</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de jp]]></title>
        <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20936584</link>        <description><![CDATA[r&#233;ponse &#224; M.Bel<br /><br />cher monsieur<br />pour une fois, votre commentaire est remarquablement int&#233;ressant. merci pour toutes ces citations de l'entretien avec Hitler. Hitler d&#233;clare cr&#251;ment ce que Arendt ne cesse de r&#233;p&#233;ter, &#224; savoir que le nazisme n'a pas plus &#224; voir avec le socialisme qu'avec le nationalisme : "A ce moment, il ne restera pas grand-chose, m&#234;me chez nous, en Allemagne, de ce qu&#8217;on appelle encore le nationalisme."<br /><br />Vos conclusions sont cependant tr&#232;s discutables.&#160;<br />D'abord la notion de race semble bel et bien centrale : "Avec la notion de race, le national-socialisme conduira sa r&#233;volution jusqu&#8217;&#224; l&#8217;&#233;tablissement d&#8217;un ordre nouveau dans le monde".&#160;Les attaques violentes de Heidegger&#160;visent donc bien le centre id&#233;ologique du nazisme (voir <a href="http://www.paris4philo.org/article-12296019.html"><font color="#5675a4" size="2">Heidegger r&#233;sistant par G.Guest (H&#233;raclite)</font></a>).&#160;<br />Les id&#233;es r&#233;volutionnaires de Heidegger &#224; l'&#233;poque montrent juste comment Hitler a su&#160;habilement r&#233;cup&#233;rer les id&#233;es&#160;&#224; la mode&#160;(germanisme, culte du F&#252;hrer, etc), pour sa propagande.&#160;Il ne les a jamais invent&#233;es, pas plus que la svastika ou le Sieg Heil. Ce c&#244;t&#233; kitsch&#160;et&#160;folklorique&#160;de la propagande nazie ne doit pas &#234;tre identifi&#233; avec la r&#233;alit&#233; id&#233;ologique et criminelle que nous connaissons maintenant.&#160;<br />Vous dites : "Si vous voyez une diff&#233;rence entre la foi hitl&#233;rienne en la &#171;&#160;R&#233;volution&#160;&#187; nazie et celle d&#8217;Heidegger, faites-le-moi savoir." C'est en effet le cas. Hitler n'a pas du tout invent&#233; l'id&#233;e d'une r&#233;volution dirig&#233;e par un nouveau guide, un "F&#252;hrer" qui rassemblerait les Allemands alors dispers&#233;s dans une nation &#233;clat&#233;e et d&#233;truite. Il est arriv&#233; et a dit "c'est moi le F&#252;hrer que vous attendez". Les gens ont d'abord rigol&#233;, puis apr&#232;s le crack boursier ils ont commenc&#233; &#224; y croire.&#160;Hitler mentait au d&#233;but, puis il a commenc&#233; &#224; se prendre au jeu et &#224; croire vraiment &#234;tre le messie. kershaw dit que c'est le d&#233;but de la fin pour Hitler quand il croit &#224; ses propres mensonges.<br />Hitler n'a fait que fallacieusement revendiquer l'id&#233;e tr&#232;s belle et tout &#224; fait progressiste de "r&#233;volution nationale" qui fleurissait depuis la guerre et provenait du romantisme allemand (H&#246;lderlin, Georg, Kantorowitz, etc.).&#160;Les nazis ont&#160;tout g&#226;ch&#233;. Heidegger comme beaucoup d'allemands est tomb&#233; dans le panneau de la r&#233;volution nazie qui cachait ses v&#233;ritables&#160;intentions, c'est pour cela qu'il parle &#233;trangement de&#160;"la v&#233;rit&#233; interne et la grandeur de ce mouvement", v&#233;rit&#233; qui n'a en fait jamais exist&#233; ailleurs que dans la t&#234;te des compagnons de route du d&#233;but dont le parti se servait pour se donner une fa&#231;ade respectable, comme Kantorowitz par exemple.&#160;Cette confusion&#160;nous montre dans quelle illusion se trouvaient les allemands avant la guerre, confusion soigneusement orchestr&#233;e par Hitler. Sinon on ne comprend pas comment un parti de cingl&#233;s a pu arriver au pouvoir dans le pays alors le plus civilis&#233; d'Europe (mais aussi le plus martyris&#233;).<br /><br />Attention cependant &#224; ne pas critiquer les historiens comme vous faites, c'est la seule base que nous avons.<br /><br />Merci en tout cas d'avoir d&#233;douan&#233; F&#233;dier de n&#233;o-nazisme. Il est en effet tout le contraire, le pire ennemi. Je ne le porte pas aux nues comme vous dites, mais j'admire sans conteste son courage.<br /><br />]]></description>
        <pubDate>Thu, 27 Sep 2007 15:13:11 +0200</pubDate>        <guid >http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20936584</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de jp]]></title>
        <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20927320</link>        <description><![CDATA[<strong>Faye a invent&#233; tout ce qu'il raconte.</strong> C'est justement ce qui d&#233;contenance ses adversaires et les laisse sans voix. Que r&#233;pondre &#224; quelqu'un qui fait d&#233;lib&#233;r&#233;ment de l'intox et transforme les textes?&#160;Et la t&#233;l&#233;vision &#233;tant faite pour le sensationnel, les "r&#233;v&#233;lations" de Faye font naturellement mouche.<br />Heidegger est absolument irr&#233;prochable, voil&#224; la r&#233;alit&#233; historique, Patocka et bien d'autres l'ont dit et r&#233;p&#233;t&#233;. Voir : <a href="http://www.paris4philo.org/article-12296019.html"><font color="#3366ff" size="2">Heidegger r&#233;sistant par G.Guest (H&#233;raclite)</font></a>&#160;et <a href="http://www.paris4philo.org/article-10504198.html"><font color="#3366ff" size="2">Heidegger contre le nazisme</font></a>]]></description>
        <pubDate>Thu, 27 Sep 2007 01:21:24 +0200</pubDate>        <guid >http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20927320</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de A propos]]></title>
        <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20924876</link>        <description><![CDATA["le d&#233;fenseur de <em><strong>Heidegger</strong></em> aurait du un peu pr&#233;parer cette confrontation dont il est sorti KO debout ! "<br /><br />On a pas d&#251; voir la m&#234;me &#233;mission...]]></description>
        <pubDate>Wed, 26 Sep 2007 22:10:18 +0200</pubDate>        <guid >http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20924876</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de tietie007]]></title>
        <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20920755</link>        <description><![CDATA[Un petit topo sur mon blog, sur l'affaire<em><strong> Heidegger</strong></em> :<br /><br />http://tietie007.over-blog.com/article-5797691.html]]></description>
        <pubDate>Wed, 26 Sep 2007 19:34:47 +0200</pubDate>        <guid >http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20920755</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de tietie007]]></title>
        <link>http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20920741</link>        <description><![CDATA[Mouais ...j'ai vu <strong>F&#233;dier</strong> croiser le fer contre <strong>Emmanuel Faye</strong>, lors de l'&#233;mission sur LCP, <em>Biblioth&#232;que M&#233;dicis</em>, et force est de constater, que le gardien des oeuvres du ma&#238;tre de la for&#234;t noire s'en est assez mal sorti, fr&#244;lant m&#234;me le ridicule lorsque <em><strong>Faye</strong></em> lui a demand&#233; si le fond <em><strong>Heidegger</strong></em> serait ouvert &#224; tous les chercheurs, et que celui-ci lui a r&#233;torqu&#233; que seuls les chercheurs bien intentionn&#233;s auraient droit &#224; acc&#233;der au saint des saints ...assez incroyable cette r&#233;ponse ! <br /><em><strong>&#160;F&#233;dier</strong></em> n'a pas su r&#233;pondre aux questions pr&#233;cises de <em><strong>Faye</strong></em> ...bref, le d&#233;fenseur de <em><strong>Heidegger</strong></em> aurait du un peu pr&#233;parer cette confrontation dont il est sorti KO debout !]]></description>
        <pubDate>Wed, 26 Sep 2007 19:33:47 +0200</pubDate>        <guid >http://www.paris4philo.org/article-10194413-6.html#comment20920741</guid>
                                            </item>
  
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