Etat de la mobilisation dans les universités mardi 4 décembre
Voici l'appel qui fut rédigé et voté pendant cette assemblée :
Le mouvement contre la Loi Pécresse continue.
La mobilisation importante a contraint la Ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, à un déblocage de moyens pour l'Université. Cela n'est pas une réponse à la revendication première d'abrogation de la Loi d'autonomie des Universités des étudiant-e-s mobilisé-e-s depuis plus d'un mois.
La mission sur le cadrage national des diplomes n'apporte aucune garantie législative. Les annonces budgétaires de 20 milliards d'euros demeurent insuffisantes (10% de plus de budget par an) face à la pénurie de moyens dans les Universités, et rien ne garantit que ces promesses soient réalisées d'ici 2012. Par ailleurs, le financement public de l'enseignement supérieur ne peut pas se faire par la privatisation rampante d'EDF (en vendant des actions come le propose Nicolas Sarkozy).
Tout cela ne change rien au coeur de la Loi. L'autonomie budgétaire des Universités, l'introduction forte des entreprises privées et leur influence dans leur contenu des cours en contrepartie de fonds privés, l'octroi d'un pouvoir arbitraire aux présidents d'Université, le risque d'une hausse des frais d'inscription, la précarisation généralisée du personnel enseignant et administratif sont toujours présentes dans la LRU. Par conséquent, nous réaffirmons notre opposition à la loi Pécresse et nous condamnons les négociations de la direction nationale de l'Unef.
La LRU n'est ni amendable, ni négociable, que ce soit sur un plan local ou national. Depuis le début de la lutte, c'est la position de toutes les assemblées générales et de la coordination nationale, seules instances représentatives des étudiant-e-s mobilisé-e-s.
Si nous nous battons pour l'abrogation de la LRU, c'est parce que nous nous battons pour le droit à l'éducation pour tous, et contre la destruction du service public. étudiant-e-s et lycéen-ne-s, avec la LRU et les 11 500 suppressions de postes dans l'education, c'est notre avenir qui est menacé.
Exiger l'abrogation implique donc de lutter pour une augmentation massive du budget de l'enseignement supérieur, pour la création des milliers de postes dont il y a besoin, pour de vrais diplômes nationaux reconnus dans les conventions collectives, pour l'égalité entre Français-e-s et Etranger-e-s dans l'accès aux études, pour la gratuité des enseignements et pour la redistribution interne des financements de la Recherche.
Cela implique aussi de lutter pour une augmentation massive des aides sociales, et d'être solidaires des salarié-e-s qui luttent en ce moment pour une amélioration de leur pouvoir d'achat. Nous appelons à la tenue d'Etats-Généraux de l'enseignement supérieur pour formuler des propositions en positif face au projet du gouvernement avec les acteurs de la communauté universitaire (les enseignants, les chercheurs, les Biatoss) et de leurs mouvements (SLR, SLU). De telles propositions sont de toutes façons, pour nous, subordonnées à l'abrogation de la LRU.
Il est possible de gagner, de faire reculer le gouvernement sur nos revendications. SNCF et RATP, Air France, EDF-GDF, avocats, salariés de la fonction publique... Sarkozy a beau dire qu'il ne reculera pas face à nous, lui et son gouvernement ont été affaiblis par les grèves. La réussite de la journée de grève du 20 novembre a montré qu'il existait une volonté de lutte dans de larges secteurs de la jeunesse et du monde du travail.
En effet, la LRU n'est pas une loi isolée mais fait partie d'un contexte de casse généralisée du service public dû à une libéralisation grandissante de la société et de l'économie française, ce que nous condamnons. Face à un Etat autoritaire, qui joue sur l'usure du mouvement contestataire, et constatant l'échec des négociations SNCF, nous annonçons que nous allons combattre et que nous réfléchirons à l'interruption du mouvement uniquement lors de l'officialisation de l'abrogation de la loi Pécresse.
Pour cela, la coordination nationale appelle les étudiant-e-s à approfondir et amplifier la mobilisation dans les campus, à créer des assemblées générales communes avec les enseignant-e-s et les personnels afin de consolider les liens en vue d'arriver à une cooordination nationale de l'enseignement supérieur. Les lycéen-ne-s doivent se mobiliser encore plus massivement. Et lycéen-ne-s et étudiant-e-s doivent chercher la convergence avec les travailleurs, en premier lieu ceux de l'Education Nationale, notamment dans les universités et dans les lycées.
La plupart des présidents d'université étant en faveur de la LRU, ils n'hésitent pas à recourir à la répression pour briser la mobilisation. Les fermetures administratives, les interventions policières... ne répondent pas à de prétendus « problèmes de sécurité » : elles visent à nous empêcher de nous mobiliser, c'est-à-dire nous priver de notre droit de nous révolter. Nous condamnons toutes les interventions policières et les arrestations. Nous exigeons l'amnistie de tous les inculpé-e-s des mouvements sociaux, y compris ceux du mouvement cheminot. Nous exigeons la réouverture de toutes les universités fermées administrativement, et le retrait de toutes les forces répressives (polices, vigiles privés...) qui occupent actuellement des universités. Nous réclamons la démission des présidents d'universités ayant fait appel à la répression et collaboré à l'expulsion de sans-papiers.
La semaine dernière, le mouvement a été veritablement victime d'un durcissement de la répression. Le recteur de l'academie de Nantes a interdit la tenue d'Assemblée générale dans les lycées. Les charges de CRS ont été particulièrement dures à l'encontre des manifestants ; un mineur a été gravement blessé à l'oeil par un tir de flashball.
Face à cette situation, nous réaffirmons que le droit de réunion, le droit de manifestation et de grève doivent exister pour tous, y compris les étudiants et les lycéens. Suspendre les cours est le seul moyen efficace pour que tous les étudiant-e-s, notamment les boursiers, puissent se réunir et décider ensemble de se mobiliser. Sans piquets de grève votés dans des Assemblées Générales massives, les étudiant-e-s ne disposent pas réellement de droit de grève. Sans occupation des locaux, ils ne disposent pas véritablement du droit de se réunir.
Face aux tentatives de faire reprendre les cours par l'intermédiaire des référendums, nous réaffirmons la seule légitimité des Assemblées Générales pour décider des suites du mouvement : c'est dans les AG que les informations, les différents points de vue peuvent être échangés et que les étudiant-e-s peuvent voter en connaissance de cause.
C'est aux grévistes d'organiser eux-mêmes la prise de décision et non aux présidences d'université, qui pour la plupart soutiennent la réforme. Nous appelons donc au boycott des votes organisés par les administrations universitaires.
Les annonces du gouvernements, présentées par des organisations syndicales comme une raison d'arrêter le mouvement, tout comme la répression généralisée, visent à nous isoler. Loin de nous résigner à ce risque d'isolement, nous réaffirmons que notre mouvement a vocation à s'étendre dans les universités, dans la jeunesse et dans le monde du travail.
Le projet du gouvernement est de détruire l'ensemble des acquis sociaux. Face à ce projet, c'est ensemble que nous gagnerons : nous devons construire un mouvement d'ensemble des jeunes et des salarié-e-s pour riposter à l'offensive du gouvernement.
Nous appelons à un véritable service public dans tous les domaines : éducation, santé, transports, protection sociale ce qui implique un réengagement massif de l'Etat dans le financement de l'enseignement supérieur et la recherche, la titularisation des précaires, l'augmentation des salaires et du point d'indice dans la fonction publique....
Nous appelons à une manifestation massive le 6/12 pour que le mouvement montre sa force et qu'il encourage plus d'étudiant-e-s et de lycéen-ne-s ainsi que d'autres secteurs à nous rejoindre dans la lutte : nous appelons à une manifestation massive pour assurer la visibilité du mouvement et son élargissement vers d'autres secteurs. Nous appelons en particulier les personnels de l'université à nous rejoindre dans cette manifestation dans des cortèges communs.
Nous appelons désormais à la tenue de coordinations nationales de l'enseignement supérieur qui inclueraient les étudiant-e-s et les personnels de l'université. Nous appelons à participer à toutes les initiatives d'autres secteurs en lutte contre le gouvernement et sa politique, en particulier à la manifestation des chômeurs et des précaires du 8/12.
Nous proposons une prochaine date de manifestation interprofessionnelle le 11 (ou 13)/12, et nous adressons en ce sens à l'ensemble des salariés et de leurs organisations."
Jérôme Valluy (Paris 1), "Le mouvement universitaire, les "blocages" et les significations de l'antiblocage" (2 dec.)
Réponse à l'article « Blocages mortifères » (Le Monde, 29.11.07) de Christophe RAMAUX (MdC économie Paris 1, MATISSE) et à sa rediffusion par J.M. Monnier (PU économie Paris 1, MATISSE) de la CGT Paris 1 sur la liste de diffusion interne [ENSP1] des 2150 enseignants de l'université (doc. ci-dessous), liste réservée à l'expression syndicale. Par Jérôme Valluy (MdC science politique Paris 1) 02.12.2007
Contrairement à mes collègues « syndiqués » C. Ramaux (MdC économie Paris 1 / MATISSE) et à J.M. Monnier (PU économie Paris 1, MATISSE) je ne pense pas que la stigmatisation des actions de « blocage » des universités par les étudiants soit le reflet de valeurs démocratiques. En effet, la démocratie que nous connaissons aujourd'hui est le résultat de plus de deux siècles de révolutions et de mobilisations sociales qui ont exercé des contraintes sur la société pour la faire progresser. Or le « blocage », sous des formes diverses et variées, à toujours fait partie du répertoire d'action dans ces luttes progressistes qui bénéficient aujourd'hui à tous : personne ne conteste le principe des manifestations de rue qui pourtant, et inévitablement, « bloquent » la circulation routière. De même, toute action de grève dans la fonction publique a nécessairement pour effet de « bloquer » l'accès des usagers à certains services publics (transports, communication, écoles, etc.). Chaque fois que des enseignants font grève ils réalisent un « blocage » en interdisant à la totalité de leurs étudiants ou élèves de suivre des enseignements : peut-on admettre ce pouvoir de blocage des enseignants et le refuser aux étudiants ? La CGT et d'autres syndicats seraient-ils aujourd'hui contre le droit de grève des enseignants ? Il serait très étonnant qu'après avoir contribué au blocage du pays tout entier, au moment des grèves dans les transports publics, des syndicats puisse répondre positivement à ces deux questions. Si les réponses sont négatives, il faut alors reconnaître que la stigmatisation, par certains collègues, des « blocages » étudiants est, politiquement, de nature réactionnaire.
L'opinion publiée par Le Monde et rediffusée par la CGT Paris 1 est d'autant plus séduisante pour les pouvoirs en place (le gouvernement, les présidences d'université…) qu'elle se présente comme une opinion de gauche voir d'extrême gauche, donc plus difficile à rejeter par les étudiants. Pourtant, ils doivent savoir que c'est un geste classique des anciens socialistes, communistes ou trotskystes, faisant avancer aujourd'hui la deuxième moitié de leur carrière universitaire, installés dans les institutions et ayant acquis des positions de pouvoir dans l'appareil universitaire et/ou syndical, de disqualifier toute forme d'opposition ou de perturbation au nom et à l'aune des seules vraies luttes sociales qui sont celles auxquelles ils ont participé dans leur jeunesse. Les collègues précités font ainsi de leurs luttes de jeunesse à la fois un geste titanesque et un moment irénique où la mobilisation sociale aurait pu se faire sans contraintes ni violences, de manière intellectuelle et délibérative, portée par la seule force argumentative des militants engagés. Non seulement cette reconstruction de l'histoire des luttes étudiantes est sociologiquement fausse (et pour tout dire d'une niaiserie pitoyable), mais elle est aussi méprisante à l'égard des nouvelles générations d'étudiants. Ceux-ci sont implicitement présentés comme des décérébrés incapables de soutenir des débats de fond sur les enjeux politiques de la réforme contestée, obnubilés par le « blocage » et incapables même de choisir lucidement les moyens adéquats pour agir efficacement en fonction de la conjoncture historique et politique dans laquelle ils se trouvent. Ce discours d'anciens combattants revendiquant pour leur génération le monopole de la science et de la vertu militantes et refusant aux suivantes de choisir les moyens qu'elles jugent adaptées à leur situation est une autre dimension de cette réaction « de gauche ».
Il y a enfin dans cette position « antiblocages » et dans celle qui s'exprime minoritairement dans les AG en faveur d'une discussion immédiate sur les futurs statuts des universités - ce qui reviendrait implicitement à accepter le cadre juridique de la loi LRU et à proclamer ainsi l'échec du mouvement demandant son abrogation - un diagnostic erroné sur le déroulement de ce mouvement universitaire. Il est vrai que certaines universités sont bloquées depuis près de cinq semaines et que certains collègues syndiqués ont pu se sentir isolés durant cette première phase du mouvement… jusqu'à considérer aujourd'hui que le mouvement est achevé au double sens du terme. Cette analyse ne tient pas compte de la structure des opportunités politiques qui s'offre au mouvement et qui évolue avec lui, semaine après semaine : durant cette première phase de cinq / six semaines, le mouvement a subit une conjonction de facteurs défavorables dont certains disparaissent depuis quelques jours : · la grève des transports paralysait les déplacements nécessaires au développement du mouvement notamment dans les grandes villes ; · les luttes sociales dans d'autres secteurs (régimes spéciaux, fonction publique,…) ont détourné les regards du monde universitaire ; · l'inféodation officielle des mass médias au pouvoir exécutif et au vœux du Président de la République de ne pas relayer les protestations étudiantes, a exclu le mouvement de toute médiatisation objective ; · les intérêts électoraux à court terme du parti socialiste, jouant sa survie dans les prochaines élections municipales, l'ont amené à se positionner contre le mouvement et a entraîner ceux qui sont aujourd'hui dépendants de lui ou qui veulent faire carrière chez lui, notamment l'UNEF ; · la réforme favorisant une sorte de bonapartisme de gouvernance des universités au profit des Présidents et, indirectement, des mandarins qui pourront composer avec eux font de ces acteurs les fers de lance du gouvernement dans la répression des oppositions à cette réforme… ceci souvent, dans les AG, en l'absence des plus gradés d'entre nous : les « Professeurs d'Université » (PU) dont les fins de carrières sont moins menacées et qui laissent les étudiants, Doctorants, ATER, Moniteurs et Maîtres de conférences assumer l'essentiel de la mobilisation pour défendre une conception de l'université dont les PU ont pourtant eux-mêmes bénéficié depuis des décennies.
Pour l'ensemble de ces raisons, les enseignants et les lycéens ont tardé à se mobiliser et ne le font que depuis cette semaine… et cela grâce aux blocages étudiants qui ont permis de maintenir le mouvement jusqu'à aujourd'hui. Une nouvelle phase du mouvement commence. La paralysie du mouvement par la grève des transports disparaît cette semaine, notamment depuis le 26 novembre. Les blocages étudiants ont forcé les enseignants à s'informer sur cette loi et ses conséquences, ce qui explique la tenue des premières assemblées générales d'enseignants le mardi 27 novembre et la première réunion interuniversitaire d'enseignants à Jussieu le jeudi 29 novembre. L'embargo médiatique décrété par le gouvernement commence à être légèrement contrebalancé par les médias libres de l'Internet qui, depuis le début de la semaine, organisent la diffusion des informations que les télévisions, la presse nationale et régionale refusent de publier. Les mass-médias étrangers, qui ne dépendant pas du gouvernement français, commencent aussi, en faisant simplement leur travail, à compenser la subordination politique des médias français. On peut donc considérer que le mouvement universitaire est entré cette semaine dans une seconde phase de son déroulement : c'est peut être là son véritablement commencement marqué par l'engagement croissant des enseignants et par celui des lycéens. Si ces deux engagements se confirment la semaine prochaine (3 - 7 décembre 2007), le mouvement peut atteindre son objectif d'abrogation de la loi LRU par suspension de sa mise en œuvre et d'ouverture d'un chantier national pour une autre réforme, progressiste, de l'université.
Il reste néanmoins un facteur incertain dans cette configuration : le comportement des enseignants syndiqués et / ou les plus gradés, c'est-à-dire de ceux qui participent avec le plus de privilèges, d'une manière ou d'une autre, au système de gouvernance interne à l'université, (surtout si ce système se transforme dans le sens de la loi LRU). Selon qu'ils s'aligneront sur l'orientation du gouvernement et des présidents d'université ou qu'ils rejoindront les lycéens, étudiants et enseignants mobilisés, ils pèseront - au moins dans une certaine mesure - sur l'issue du mouvement. A cet égard les focalisations de certains sur la levée des blocages étudiants ressemblent, dans ce contexte sensible de démarrage (en deuxième phase), à une entreprise de casse symbolique et politique de la même nature que l'appel aux forces de l'ordre contre les étudiants. De même la précipitation à vouloir négocier les statuts d'université avant que les pouvoirs en place n'aient été contraints à reculer par un rapport de forces ressemble à certaines stratégies syndicales déjà observées, ces dernières semaines, au bénéfice de quelques dirigeants professionnels de syndicats et aux détriments des mouvements sociaux. Cependant, ces catégories de personnels sont quantitativement minoritaires dans le monde universitaire : la quasi-totalité des enseignants précaires et peu gradés sont statutairement menacés par cette réforme, et une grande partie des plus gradés le sont aussi lorsque leur spécialité pédagogique et scientifique ne relève pas des critères de financement politiquement favorisés par le gouvernement. On peut donc penser que la mobilisation enseignante va se prolonger dans la dynamique impulsée par les étudiants (http://www.sud-etudiant.org/), certains syndicats enseignants (http://actu.fsu.fr/), les collectifs « Sauvons la recherche » (http://www.sauvonslarecherche.fr/) et « Sauvons l'université » (http://www.sauvonsluniversite.com/).
Jérôme VALLUY MdC science politique Paris 1
Etat de la mobilisation.
43 universités totalement ou partiellement en grève avec piquets de grève bloquants (ou fermés administrativement) : Paris I (site de Tolbiac), Paris III, La Sorbonne, Paris IV (Clignancourt), Paris VII, Paris VIII Saint Denis, Paris X Nanterre, Paris XIII Villetaneuse, Rouen, Tours, Caen, Nantes,
Rennes II, Toulouse II le Mirail, Toulouse III Rangueil, Pau, Perpignan, Aix–Marseille I (sites d’Aix et Marseille), Lyon II, Montpellier III, Lille I, Lille II, Lille III, Limoges, Brest, Le Havre, Bordeaux I, Bordeaux II, Bordeaux III, Bordeaux IV, Amiens, Nancy II, La Rochelle, Grenoble I, Grenoble II, Grenoble III, Orléans, Reims, Saint Etienne, Valenciennes, Poitiers, Arras, Nice
8 universités sont en grève avec piquets de grève les « journées de mobilisation» :Clermont, Le Mans, Toulouse I, Rennes I, Chambéry, Besançon, Lorient, Marne la vallée
Universités où le personnel a voté la grève reconductible : Toulouse le Mirail, Lille I, Paris III, Paris VIII, Saint Charles Marseille, Reims, …
La grève est massivement reconduite presque partout. Plus de la moitié des universités sont en grève. Les appels à la reprise de la direction de l’UNEF sont sans effet. (Note de Riri : ça on ne le saura pas avant la prochaine AG). La répression est de plus en plus féroce avec la multiplication des fermetures administratives, des interventions policières, des arrestations.
Le mouvement se développe chez les lycéens : plus de 50 lycées étaient bloqués jeudi 22 novembre. Environ une centaine vendredi 23 novembre et lundi 26 novembre. Environ 200 mardi 27 novembre."
Environ 250 personnes présentes
Le débat sur le bilan a pas mal tourné autour des négociations entre la direction de l'UNEF et la ministre Pécresse, avec un accord général que:
1) La direction de l'UNEF n'était pas légitime pour aller parler au nom du mouvement.
2) Qu'aucune négociation n'était possible sans le retrait de la LRU.
3) Les "aménagements" concédés par la ministre Pécresse ne représentaient que de maigres palliatifs aux besoins réels de l'enseignement supérieur.
Pour ce qui est du mouvement dans son ensemble, constat critique: le mouvement se maintient mais nécessité de passer une nouvelle étape.
Sinon, il y a eu discussion générale sur la LRU avec de nombreux arguments développés.
Au niveau des perspectives:
- manif demain jeudi, départ 15h de PRG (nouveau site de Paris 7 situé dans le 13eme en face de la BNF);
- rassemblement anti-répression vendredi 30 à Nanterre;
- journée débat autour de la LRU et l'université samedi 1er à la fac de St denis
- journée de mobilisation nationale interprofessionnelle appelée par la coordination nationale étudiante mardi 4 décembre.
Proposition d'organiser en lien avec les profs une journée banalisée "fac ouverte" avec ateliers, projections etc. Contact: com'Interpro
Propositions d'organiser une table d'info sur la loi et le mouvement avec presse, brochures, tracts, etc. Contact: commission animation
Un 4 page développant des argumentaires sur la loi est en discussion au sein de la com'Tract.
La com'Anim prépare affiches, banderoles pour rendre le mouvement visible sur la fac.
Vote: grève et piquets
Echéances à la Sorbonne:
- piquet de grève dès jeudi 7h30
- manif anti-LRU jeudi à 15h, départ collectif Sorbonne 14h place de la Sorbonne
- prochaine AG vendredi 30 novembre à 12h. RDV hall des amphis
- réunion du comité de grève tous les jours à 10h, hall des amphis. Au moins 1 personne de chaque commission devrait y être.
