Lundi 25 février 2008


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Rencontre avec Giorgio Agamben
émission du vendredi 1er février 2008 sur France Culture
 
 
  Par François Noudelmann
Réalisation: Clotilde Pivin

On retient généralement des philosophes leurs inventions théoriques, mais ils sont avant tout de grands lecteurs. Ainsi de Giorgio Agamben qui nourrit ses analyses du monde contemporain par des commentaires sur les Pères de l'Église ou le droit romain. Aucune nostalgie pour la tradition dans ce retour aux sources : Agamben conçoit plutôt la philosophie comme une archéologie qui repère des points de surgissement et qui trace des continuités différentes de celles que nous enseignent l'historiographie ou la science politique.
Du coup les évidences vacillent, lorsque notre confiance dans la liberté démocratique se trouve confrontée à une lecture qui, au contraire, met en relief l'assujettissement progressif des individus. Ce qui nous apparaissait comme des exceptions — les camps de concentration, l'épuration ethnique — devient la règle de fonctionnement des politiques occidentales. Les généalogies tracées par Giorgio Agamben nous invitent à repenser radicalement ce qu'est un gouvernement, comment fonctionne le consentement politique et quelles sont les alternatives à politisation de la vie.

Bibliographie:

Stanze, Christian Bourgois, 1981
Enfance et histoire, Payot, 1989
Le Langage et la mort, Christian Bourgois, 1991
Idée de la prose, Christian Bourgois, 1988
La Communauté qui vient, Seuil, 1990
Moyens sans fins, Payot & Rivages, 1995
Bartleby ou la création, Circé, 1995
L'homme sans contenu, Circé, 1996
Homo sacer I. Le pouvoir souverain et la vie nue, Seuil, 1997
Homo sacer III. Ce qui reste d'Auschwitz, Payot & Rivages, 1999
Le Temps qui reste, Payot & Rivages, 2000
La Fin du poème, Circé, 2002
Homo Sacer II. État d'exception, Seuil, 2003
 
     
 
           
des livres à découvrir
 

 
 

 
Giorgio Agamben
L'Amitié
Payot & Rivages - 2007
 

L'amitié

« L'amitié est si étroitement liée à la définition de la philosophie que l'on peut dire que sans elle la philosophie ne serait pas possible. L'intimité entre amitié et philosophie est si profonde que celle-ci inclut le philos, l'ami, dans son nom même. »

Giorgio Agamben relit Aristote pour retrouver la signification de l'amitié. L'ami est un autre soi-même avec lequel on partage le fait d'exister, la douceur même de vivre.

C'est pourquoi l'amitié ouvre l'espace d'une communauté et d'une politique qui précèdent toute identité et tout partage.
-4ème de couverture-

 
 

 
Giorgio Agamben
Qu'est-ce qu'un dispositif ?
Rivages poche - 14 mars 2007
 

"J'appelle dispositif tout ce qui a, d'une manière ou d'une autre, la capacité de capturer, d'orienter, de déterminer, d'intercepter, de modeler, de contrôler et d'assurer les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres vivants."
Giorgio Agamben
Les dispositifs où se jouent désormais nos existences - du téléphone portable à la télévision, de l'ordinateur à l'automobile - ne se trouvent pas face à l'homme comme de simples objets de consommation. Ils transforment nos personnalités. La question devient alors : quelle stratégie devons-nous adopter dans le corps à corps quotidien qui nous lie aux dispositifs ?
- Présentation de l'éditeur -

 
 

 
Giorgio Agamben
La puissance de la pensée : essais et conférences
Rivages - 2006
 

Dans La Puissance de la pensée, Giorgio Agamben a rassemblé une vingtaine d'essais écrits entre 1975 et 2004. Ce livre constitue ainsi le recueil d'articles le plus important du philosophe. Conformément à sa méthode faite de géométrie et de finesse, il propose une série de lectures qui sont autant de confrontations avec les grandes figures de la tradition : de Platon à Scholem, d'Aristote à Deleuze, de Spinoza à Benjamin, de Hegel à Aby Warburg et de Heidegger à Derrida.

Regroupés en trois sections, Langage, Histoire, Puissance, ces textes sont des variations autour du concept qui occupe le centre de la réflexion d'Agamben : la puissance.

On peut lire La Puissance de la pensée comme une série d'investigations ou comme un bréviaire de méthode. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de libérer la puissance de la tradition.
-4ème de couverture-

traduit de l'italien par Joël Gayraud, Martin Rueff

 
 

 
Giogio Agamben
Profanations
Rivages - 2005
 

Profaner c'est restituer à l'usage commun ce qui a été séparé dans la sphère du sacré. » Cette définition offre au lecteur le fil d'Ariane qui lui permettra de s'orienter à travers les dix petites proses théoriques dans lesquelles Giorgio Agamben a recueilli les motifs les plus urgents et les plus actuels de sa pensée en une sorte d'abrégé fulgurant. Avec un bonheur retrouvé son écriture se meut entre littérature et philosophie.
-4ème de couverture-

traduit de l'italien par Martin Rueff

 
 

 
Giorgio Agamben, Valeria Piazza
L'ombre de l'amour : le concept d'amour chez Heidegger
Rivages - 2003
 

Ce que l'homme a introduit dans le monde, son «propre», n'est pas simplement la lumière et l'ouverture de la connaissance, mais, avant tout et pour la première fois, l'ouverture à une clôture et à une opacité. La vérité est la garde de la non-vérité ; la mémoire, la garde de l'oubli, la lumière, la sauvegarde de l'obscur. C'est seulement dans l'insistance amoureuse de cet abandon, dans cette sauvegarde oublieuse de tout, que quelque chose comme connaissance et attention devient éventuellement possible.

Dans l'amour, l'aimé vient, en même temps que l'amant, à la lumière dans son être voilé, dans une facticité éternelle et au-delà de l'être.

Ce livre est composé de La passion de la facticité, de Giorgio Agamben, traduit de l'italien par l'auteur avec la collaboration de Charles Alunni, et de L'amour en retrait de Valeria Piazza, traduit de l'italien par Joël Gayraud.
-4ème de couverture-

 
 

 
Giorgio Agamben
L'ouvert : de l'homme et de l'animal
Rivages - 2006
 

«Le conflit politique décisif, qui gouverne tout autre conflit, est, dans notre culture, le conflit entre l'animalité et l'humanité de l'homme»; c'est pourquoi «se demander en quelle manière - chez l'homme -l'homme a été séparé du non-homme et l'animal de l'humain est plus urgent que prendre position sur les grandes questions, sur les prétendus valeurs et droits humains». Une urgence qui est toujours apparue comme telle, du moins depuis que la métaphysique aristotélicienne a défini le principe du vivant, mais qui se manifeste aujourd'hui avec une nouvelle et pressante gravité, en un temps où il est nécessaire de mettre hors jeu la puissante «machine anthropologique» qui, dans la tradition occidentale, a articulé pendant des siècles le corps et l'âme, la vie animale et le logos, le naturel et le surnaturel, les ténèbres et la lumière. En partant d'une lecture de Heidegger et de Kojève, Giorgio Agamben poursuit la réflexion menée dans les livres précédents autour du concept de vie, et s'interroge sur le seuil critique qui produit l'humain, qui distingue et en même temps rapproche humanité et animalité de l'homme, qui décide «à chaque fois et en chaque individu de l'humain et de l'animal, de la nature et de l'histoire, de la vie et de la mort».
-4ème de couverture-

traduit de l'italien par Joël Gayraud

 
 

 
Giorgio Agamben
Ce qui reste d'Auschwitz
Rivages poche - 2003
 

La recherche ici entreprise dans le sillage de "Homo sacer" ne porte pas sur les circonstances historiques dans lesquelles s'est accomplie la destruction des juifs d'Europe, mais sur la structure et la signification du témoignage. Il s'agit de prendre au sérieux le paradoxe de Primo Levi, selon lequel tout témoignage contient nécessairement une lacune, le témoin intégral étant celui qui ne peut témoigner. Il s'agit de ceux qui "ont touché le fond", des déportés dont la mort "avait commencé avant la mort corporelle" - bref, de tous ceux que, dans le jargon d'Auschwitz, l'on appelait les "musulmans". On a essayé ici de regarder cet invisible, de tenir compte des "témoins intégraux" pour l'interprétation d'Auschwitz. On propose, par là, une réfutation radicale du révisionnisme. Dans cette perspective, en effet, Auschwitz ne se présente pas seulement comme le camp de la mort, mais aussi comme le lieu d'une expérience encore plus atroce, où les frontières entre l'humain et l'inhumain, la vie et la mort s'estompent ; et, mise à l'épreuve d'Auschwitz, toute la réflexion de notre temps montre son insuffisance pour laisser apparaître parmi ses ruines le profil incertain d'une nouvelle terre éthique : celle du témoignage. En marquer le sujet en tant que reste, tel est le but de ce livre.

 

 
Agamben, Giorgio
Temps qui reste (Le)
Rivages - 2000
 

 
 
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